Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud (Adja, Fon, Goun Ewe…), c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mahou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs (Sakpata: dieu de la variole; Ogoun: dieu du fer; Mami Wata: déesse de l’eau, etc.) qui servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant.

Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Gour au nord (Natemba, Bètammaribè, Gourmantché…), à la notable différence du sud les intercesseurs sont plutôt les ancêtres ou les morts —qui ne sont jamais tout à fait morts. D’autant plus que pour cette société, ce qu’on appelle la mort n’est que la séparation du corps et de l’âme de l’homme. Le corps étant matériel et l’âme immatérielle, l’âme reste donc éternelle. Ce qui revient à dire qu’elle s’inscrit, quelque part, en droite ligne dans la philosophie de la transcendance.